Guide de voyage Tajikistan

Tajikistan-A-01

Région géostratégique où ne s’aventuraient jadis que les espions du “Grand Jeu” et les explorateurs, les paysages spectaculaires des hauts plateaux du Tadjikistan sont devenus le terrain de prédilection des alpinistes, randonneurs et autres voyageurs intrépides. Grâce au développement de l’hébergement chez l’habitant, vous aurez l’occasion de séjourner dans de superbes petits villages au charme intemporel, accueilli par des patriarches à la barbe blanche et aux dents en or, vêtus de longue joma colorées. La population, essentiellement persanophone et non turcophone, est extrêmement accueillante, mais parle peu les langues étrangères. Par ailleurs, les transports dans les zones rurales sont si irréguliers que vous devrez sans doute délier les cordons de votre bourse pour louer un 4×4. Toutefois, les merveilles de la vallée du Wakhan, la beauté sauvage du Pamir, le “toit du monde”, ainsi que les lacs et les monts Fan contribuent à faire du Tadjikistan la destination la plus passionnante d’Asie centrale.

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Les meilleures expériences au Tadjikistan 

001 - Dushanbe

Douchanbé

Avec ses montagnes brumeuses en toile de fond, Douchanbé est une ville qui connaît une évolution rapide. Sa longue avenue arborée centrale est toujours bordée d’une succession d’édifices néoclassiques de couleur pastel qui datent de la période soviétique. Mais la plupart d’entre eux risquent d’être détruits et remplacés par ces nouveaux bâtiments clinquants et démesurés qui surgissent un peu partout, et qui arborent un style mélangeant de manière discordante triomphalisme romain et futurisme bon marché. Le cœur de cette renaissance est un parc central impeccable, dominé par un vaste nouveau musée et le drapeau le plus haut du monde. À la périphérie, la ville possède quantité de ghettos composés d’immeubles d’habitations délabrés datant de l’ère Brejnev. Et pourtant, contre toute attente, notamment lorsque l’on connaît l’image de ville dangereuse dont souffrait Douchanbé durant la guerre civile des années 1990, l’atmosphère qui y règne aujourd’hui est d’un calme reposant… ce n’est peut-être pas sans rapport avec le fait que la majorité de la population masculine est partie travailler en Russie.

002 - National Museum

Musée National

Ouvert en 2013, ce vaste musée est essentiellement dédié aux expositions archéologiques, avec des pièces tant véritables que recréées. La reconstruction du monastère bouddhique Ajina Tepe est particulièrement réussie : elle donne le sentiment de voir se dresser l’édifice d’origine du VIIe siècle. Les explications sont en majorité traduites en anglais ; bien que mal éclairée, la galerie d’art du dernier étage présente de superbes oeuvres. Beaucoup d’espace est perdu avec l’immense atrium qui, vu de l’est, ressemble au mariage d’une demeure classique avec une bétonneuse géante.

003 - National Museum of Antique

Musée national des Antiquités du Tadjikistan Musée

Malgré l’intérieur peu chic et mal éclairé, la collection archéologique de ce musée est excellente. Dans la plupart des cas, les objets que vous verrez sont des originaux, dont des copies ont été faites pour être exposées au musée national, bien plus somptueux. Par exemple, le bouddha couché, long de 13 m, est celui qui a été mis au jour (et disloqué en 92 morceaux par des archéologues soviétiques) en 1966 à Ajina Tepe. Datant de l’ère kouchane (vers l’an 500), c’est la plus grande représentation du Bouddha connue en Asie centrale.

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Bibliothèque nationale

La Bibliothèque nationale du Tadjikistan – c’est un nouveau bâtiment de neuf étages est construit sous la forme d’un livre ouvert et répond aux normes internationales modernes. Par sa taille, c’est la plus grande bibliothèque des pays d’Asie centrale. Près de la façade centrale du bâtiment, il y a 22 bustes des héros célèbres de l’histoire de la région, de la science et de la littérature du peuple tadjik.

005 - Rasht Valley

La vallée de Rasht

Si les négociations en cours aboutissent et que les étrangers sont autorisés à passer la frontière entre le Kirghizstan et le Tadjikistan au poste-frontière de Karamyk (avec un peu de chance dès 2015), la magnifique vallée de Rasht commencera peut-être intéresser les touristes. Dans les années 1990, la région fut ravagée puis stigmatisée pour son rôle de centre de l’opposition dans la guerre civile. Aujourd’hui cependant, il ne reste que peu de trace de cette époque : les villes ont été reconstruites et c’est une route bitumée, la plupart du temps en excellent état, qui traverse Garm (à 4 heures de Douchanbé) et court le long de superbes montagnes enneigées. C’est après Jafr et autour de Gulistan (à 4 km à l’est de Todjikabod) que se déploient les vues les plus spectaculaires. À mesure que les infrastructures se développent, il devrait être de plus en plus facile d’organiser des treks dans les splendides vallées fleuries et d’admirer de près les paysages déchiquetés qui donnent à l’endroit un aspect féerique.

006 - Gharm

Garm

Le centre administratif de la vallée est Garm une toute nouvelle compagnie locale fondée par des étudiants anglophones qui cherchent à inciter les touristes à explorer la région. Ils proposent de belles randonnées équestres au départ de Garm qui effectuent une boucle de 24 km autour du village de Hazor Chashme, suivant des sentiers très cahoteux et traversant la rivière. Ces circuits permettent de voir de fabuleux paysages de montagne depuis la crête qui surplombe Hauz-i-Foluma.

007 - Nurek Reservoir

Reservoir ou lac de Nourek

Les eaux bleu d’opale du lac de Nourek attirent les expatriés qui ne jurent que par les nombreux house-boats privés pour leurs escapades du week-end. Cependant, afin de préserver la sécurité du barrage de Nourek (le plus haut du monde), il est obligatoire de se procurer un permis, ce qui complique grandement les circuits.

Monts Fan et chaîne du Zeravchan

008 - Iskenderkul

Iskander-Koul et Sarytag

Entre Sarvoda et Aïni, la principale route provenant de Douchanbé a déjà laissé entrevoir aux voyageurs les beautés de la région. Le moyen le plus simple de s’y rendre est de prendre la voiture jusqu’au Iskander-Koul, un lac de montagne grandiose dont les eaux bleu d’opale prennent des allures tropicales au soleil. Toutefois, à 2 195 m d’altitude, n’espérez pas pouvoir vous y baigner. Mais la magie des lieux est renforcée par la palette des couleurs qui se déploie sur les montagnes en toile de fond. Le spectacle est particulièrement saisissant à environ 1,5 km avant d’arriver au lac, mais le paysage ne cessera de vous enchanter tout au long des 6 km que fait la route côtière. Les plateaux encore plus en altitude sont accessibles par un route sinueuse de 5 km qui part de la datcha du président, au bord du lac, pour arriver au village de Sarytag. Semblant minuscule à côté de l’imposant mont Sarytag, le petit village (300 habitants, à 38 km de Sarvoda) est une excellente base pour les randonneurs, que ce soit pour une simple promenade jusqu’à la lisère ouest du village où se dresse une villa tape-à-l’oeil ou pour un long trek dans les monts Fan.

009 - Alaudin Lake

Lacs d’Alauddin

Limpide et magnifique, le principal lac d’Alauddin (2 780 m) est un lieu superbe pour camper et un point de chute intéressant pour faire des randonnées dans les monts Fan. Une randonnée très prisée mène au lac Mutnye (“boueux” ; 3 510 m), entouré de beaux sommets de plus de 5 000 m d’altitude. Alauddin est facilement accessible, à seulement 3 km à pied du camping situé près du début du sentier, où les trois vallées se rejoignent. La vallée ouest conduit aux ravissants lacs de Kulikalon en approximativement 8 heures. Une piste en assez mauvais état mène au lac Iskander-Koul, mais il faut franchir le col très difficile de Kaznok (4 040 m, piolet et crampons nécessaires). Si vous ne voyagez pas en circuit organisé, faites le plein de provisions à Sarvoda ou avant.

010 - Margeb Valley

Margeb et la vallée du Yagnob

Au Km 95,5 de la route de Douchanbé, à l’est du petit village de Takfon, une ancienne route goudronnée poussiéreuse et cahoteuses rejoint la vallée sauvage du Yagnob. Après 20 km, vous traverserez Anzob, un petit bourg doté de vieilles écuries en pierre et d’une étrange colonne rocheuse formée par l’érosion à côté de la route. Environ 2 km plus loin, vous pourrez admirer la première vue à couper le souffle, avec le Tchumgar et le Zamin-Karor. Les parois hautes et abruptes de ce dernier ont accueilli plusieurs compétitions internationales d’escalade. L’une des parois se dresse presque directement au-dessus de la partie supérieure de Margeb (Margeb Bolo), un vieux village au charme intemporel dont le cadre fascinera tous les visiteurs, qu’ils soient amateurs ou non d’escalade. À partir de Bedev, à 22 km de Margeb, certains villages de la partie supérieure de la vallée du Yagnob abritent encore des personnes de langue sogdienne, une langue pratiquement inchangée depuis l’époque d’Alexandre le Grand. Le meilleur point de départ pour trouver un véhicule à destination de Margeb est Sarvoda, où des commerçants yagnobi s’approvisionnent au marché. La plupart du temps, les voitures relient également Douchanbé au départ de Margeb. Méfiez-vous car les vieilles cartes indiquent encore l’ancienne route qui franchit le col d’Anzob. Malheureusement, cette sublime route est devenue impraticable, même par les motards.

011 - Haft Kul

Haft-Koul

Pour un fantastique circuit de 2 jours au départ de Pendjikent, direction les Haft-Koul (Sept Lacs ; lacs Margouzor), une enfilade de lacs d’eau turquoise longue de 20 km qui s’étire à l’extrémité ouest des monts Fan. La route d’accès est très difficile, mais des 4×4 collectifs quotidiens peuvent vous conduire à proximité de ravissants hébergements chez l’habitant, à Nofin, Padroud et Margouzor. Contactez les offices du tourisme de Pendjikent pour les noms et les coordonnées des hébergements chez l’habitant. Le septième lac (le plus haut) n’est accessible qu’à pied, même si vous louez un 4×4 particulier (l’aller-retour dans la journée coûte 80 $US environ depuis Pendjikent en passant par Nematov Niyozkul). Attention, au-delà de Shing, la route est sujette aux coulées de boue, notamment au printemps, qui peuvent bloquer la route pendant plusieurs jours d’affilée. Des contrôles de passeport sont possibles à Novitchornok.

012 - Istaravshan

Istaravchan

Baptisée Kir par les Parthes, Cyropol par Alexandre le Grand, et Uro Teppa (Oura – Tioubé en russe) par les Russes et les soviétiques, Istaravchan possède une vieille ville parmi les mieux préservées du Tadjikistan. La ville n’a certes pas la richesse de Boukhara, mais cela la protège du tourisme de masse.

Regional Museum

Khodjent

Khodjent (ou Khojand, ancienne Leninabad) est la deuxième ville du pays. Bien que la ville soit très étendue, la majorité des hôtels et des sites sont proches de la rue Lenin, qui sinue sur un axe nord-sud-sud-est sur près de 10 km, et traverse le Syr-Daria River près de l’endroit où Alexandre le Grand fonda l’avant-poste le plus au nord d’Asie centrale, Alexandria-Eskhate. Contrôlant (et imposant des taxes) l’entrée de la vallée de Fergana, Khodjent s’enorgueillissait de palais, de mosquées grandioses et d’une immense citadelle jusqu’à ce que les Mongols la réduisent à néant au début du XIIIe siècle. Peuplée en majorité d’Ouzbeks, Khodjent a cependant de tout temps fourni l’élite soviétique du pays. Lorsque le président Nabiev, originaire de Khodjent, perdit son siège en 1992 et que le Tadjikistan sembla sur le point de devenir une république islamique, la province de Khodjent (Leninabad) menaça de faire sécession. À l’abri des monts Fan, elle réussit à échapper aux ravages de la guerre civile et demeure aujourd’hui la région la plus riche du pays. Plusieurs monuments flambant neufs donnent à Khodjent un air de ville relativement prospère, le complexe du bazar et de la mosquée est impressionnant, et vous trouverez quelques monuments historiques à admirer lorsque vous traversez le pays entre le Kirghizstan ou l’Ouzbékistan et les monts Fan.

Tajik women selling nuts in Khujand bazaar

Bazar Panchshanbé

Le coeur du bazar est une halle élégante (1964) aux portes voûtées et à la façade rose et citronvert néoclassique. C’est l’un des marchés d’Asie centrale les mieux approvisionnés, en particulier le jeudi (panchshanbé en tadjik).

014 - Sheikh Massal ad-Din complex

Complexe du Cheikh Massal ad-Din

En face du bazar, cet ensemble religieux comprend le mausolée du Cheikh Massal ad-Din (1133-1223), des portiques couverts avec des piliers en bois sculptés, une mosquée du XXe siècle ornée d’une façade en pierre blanche moderne mais élégante et un minaret en brique (21 m) datant de 1865. Tout au nord, un second minaret semblable jouxte une nouvelle mosquée en brique de conception traditionnelle qui présente toutes les caractéristiques de l’architecture centrasiatique, à l’exception du dôme vert émeraude.

GBAO

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Pamir

Le Gorno-Badakhchan (Tadjikistan oriental) appelée officiellement Kohistani Badakhchan, mais plus connue sous l’acronyme GBAO (pour oblast autonome de Gorno-Badkhchan, son nom de l’époque soviétique), représente 45% du territoire national mais seulement 3% de sa population. Il apparaît presque comme un tout autre pays et possède même sa propre réglementation en matière d’entrée (voir p. 376). Les 212 000 âmes qui y vivent sont principalement des Pamiri, dont les villages et les cultures irriguées se nichent au plus profond de vallées spectaculaires que dominent des pics enneigés. Dans la moitié orientale, qui forme un plateau lunaire presque désertique, à plus de 3 000 m d’altitude, la population se réduit à quelques éleveurs kirghiz qui font paître des moutons et des yaks dans ces zones où seule l’herbe pousse. Les habitants ont donné à la région le nom romantique de Bam-i-Dunya (“toit du monde”). Les Occidentaux, eux, parlent du Pamir, en pensant souvent que ce terme ne s’applique qu’aux pics dépassant les 5 000 m. Il est vrai qu’on y trouve trois des quatre plus hauts sommets de l’ex-Union soviétique, mais le terme pamir signifie en ancien persan “pâturages vallonnés” et évoque donc plutôt un ensemble complexe de chaînes de montagnes reliées par des vallées.

016 - Rushan

Rouchan (Vomar)

Si vous avez pris la route du Pamir depuis Douchanbé et désirez voir Geisev sans aller jusqu’à Khorog (65 km plus au sud), vous vous arrêterez à Rouchan pour organiser votre excursion. Si votre intention toutefois est de poursuivre plus haut dans la vallée du Bartang, mieux vaut peut-être rejoindre d’abord Khorog où vous trouverez une meilleure assistance en anglais et plus de transports. Bien que Rouchan ne soit pas un site réputé, le village est plaisant, doté de boutiques, de mini-restaurants, et d’un hôtel en construction derrière la station-service. À l’extrémité ouest de Rouchan, derrière une vaste école, le Mubarak Homestay familiale, est blottie à l’ombre d’un joli jardin fleuri. Il comprend une douche intérieure, des toilettes occidentales et une cuisine. Mubarak parle anglais et Kurbon (autre membre de la famille travaillant à la boutique du stand de taxis central) le parle encore mieux. Vos hôtes peuvent vous aider à trouver une voiture jusqu’au téléphérique de Geisev. Des minivans collectifs parcourent la route goudronnée entre le centre de Rouchan et Khorog (10-20 TJS) en une heure environ, partant pour la plupart avant 10h. Certains matins, un 4×4 collectif rallie Douchanbé.

017 - Bartang Valley

Vallée du Bartang

Rude et sauvage, la vallée du Bartang est l’une des plus sauvages et fascinantes du Pamir occidental. Des plaines alluviales fertiles apportent une touche de verdure à ces paysages rocheux et arides. Le maigre sentier n’est parfois séparé de la falaise et des eaux tumultueuses de la rivière que de quelques centimètres. Il n’est pas rare que des tronçons de la route deviennent presque impraticables, souvent avec des passages à gué où l’eau monte aux genoux. Cependant, des 4×4 robustes et quelques motocyclistes intrépides (munis d’une réserve d’essence pour 400 km) ont réussi à franchir la vallée d’un bout à l’autre en quelques jours. Une fois passé Ghudara, il est généralement possible de poursuivre jusqu’à Karakoul par la route du Pamir via Kök Jar et Shurali, où des géoglyphes (dessins tracés sur le sol) font penser à un calendrier solaire comme à Stonehenge. Il est heureusement beaucoup moins éprouvant d’atteindre Geisev, sans conteste le plus beau site de la vallée du Bartang. On peut même y accéder avec un minivan Tangem.

018 - Gesev - Jizeu

Vallée de Geisev

La vallée de Geisev (Jizeu) constitue l’une des plus belles destinations pour une excursion courte dans la région, à travers des paysages idylliques rendus fertiles par les inondations saisonnières des lacs fluviaux bordés d’arbres. Les plus jolis de ces lacs servent de décor au petit village traditionnel de Geisev (prononcez Ji-sao) où le temps semble s’être arrêté entre les deux hameaux du haut et du bas. Pour pimenter la visite, il n’y a pas de route. L’accès se fait par un incroyable “téléphérique” : une guérite en bois progresse en se balançant entre deux câbles parallèles au-dessus de la tumultueuse rivière, tirée à la manivelle. Ce téléphérique est à 23 km à l’est du Km 553 sur la route du Pamir, à 6 km environ après Bargu. Ne le confondez pas avec le pont suspendu qui dessert Red, un ancien village évacué en 2012 lorsque les inondations emportèrent toutes les maisons. Après la traversée en téléphérique, les premières maisons du village sont à deux heures de marche abrupte, la plupart du temps en plein soleil, au milieu d’éboulis. Encore trente minutes et vous arriverez au village du haut, où la splendeur de la vue éblouit. Plus haut encore, deux autres lacs et la ligne des hauts sommets vous invitent à continuer jusqu’aux lointaines estives.

019 - Khorog

Khorog

Nichée au pied de pics arides, la petite ville de Khorog est la capitale de la province autonome du Gorno-Badakhchan (GBAO) et la seule vraie ville du Pamir. C’est l’endroit idéal pour rencontrer d’autres voyageurs et organiser des expéditions dans les montagnes reculées et les fabuleuses vallées comme celle, mythique, du Wakhan. La PECTA, une organisation de tourisme communautaire, et plusieurs petits prestataires locaux, rendent la location d’un 4×4 beaucoup plus aisée d’ici que de partout ailleurs dans la région, sauf peut-être à Mourgab. La population de Khorog est parmi les mieux éduquées de toutes les villes d’Asie centrale et pratique l’ismaélisme, une forme d’islam très modérée. L’anglais semble beaucoup plus répandu ici qu’à Douchanbé. Bien que Khorog soit à plus de 2 000 m, la température peut atteindre les 40° pendant la journée en été. Septembre est le mois le plus agréable.

020 - Shokhdara Valley

Vallée de Chokh Dara

Le plus fascinant sur cette route est la face nord, très caractéristique, du pic Engels (6 507 m), qui joue à cache-cache. Si vous louez un 4×4, vous pourrez aussi faire une boucle de plusieurs jours, en passant par de petits villages très peu visités. Un kilomètre après l’ancien sanctuaire de Tavdem (protégé depuis les années 1990 par un toit octogonal), les 4×4 peuvent emprunter une route secondaire de 4 km, toute en virages à épingles à cheveux, qui grimpe jusqu’à Tusion, où un amphithéâtre rocheux cerne des pâturages d’altitude. On y remarque de nombreuses innovations astucieuses qui permettent de canaliser l’eau. Une formidable barrière rocheuse, tourmentée à l’extrême, domine la principale ville de la vallée : Rochtqala (“fort rouge”), dont le nom vient des modestes ruines qu’on aperçoit au Km 39. À l’arrière du petit bazar, on trouve quelques restaurants sommaires, les seuls de la vallée de Chokh Dara. Il vaut la peine de s’arrêter au panneau indiquant le village de Chokhirizm (Km 60) et de marcher (30 secondes) vers une sorte de Grand Canyon, qui s’élève au-dessus d’une gorge à travers laquelle la route taille plus loin son chemin. Onze kilomètres après, à Sezhd, une route pour 4×4, pénible et facile à manquer, grimpe en spirales à l’assaut d’une crête poussiéreuse, avant de finir après 6 km au hameau verdoyant et éparpillé de Durum (11 habitants). Continuez de marcher 40 minutes après le bout de la route (presque immédiatement, on traverse un pont en tronc d’arbre) et vous arriverez à un beau point de vue sur le lac aux eaux turquoise et étincelantes de Durum-Koul. Sur la route du retour, des pics à 6 000 m forment au sud une splendide ligne d’horizon. Le paysage est plus banal au cours des prochains 35 km, et le fort de Shashbuvad (VIIIe siècle) n’est pas plus impressionnant qu’une maison locale en chantier. Au Km 120, alors que la route suit un petit torrent, on aperçoit un bref instant les impressionnants pics Engels (6 507 m) et Karl Marx (6 723 m) lorgnant au-dessus d’une crête intermédiaire curieusement ondulée. L’endroit est magnifique pour camper. Il y a aussi un gîte (signalé), mais il faut pouvoir traverser la rivière au gué de Javshanguz, qui englobe en fait 65 maisons pamiri éparpillées sur plusieurs kilomètres de vallée. Le pic Marx se détache sur le fond d’une étroite vallée, mais ce n’est que 10 km environ après Javshanguz, quand la piste se perd pour grimper vers le nord, que vous apercevrez derrière vous la crête étincelante du glacier Engel coiffée d’un capuchon. La partie la plus dure en 4×4 est la traversée de la rivière juste en dessous du col de Maisara. Cet obstacle peut être contourné en grimpant jusqu’au camp de bergers d’altitude, situé à mi-chemin du grand lac Turuntai-Koul, pour traverser dans les environs le torrent à un gué plus étroit. De là, vous rejoindrez la piste principale qui redescend en zigzags jusqu’à la route du Pamir, la rattrapant à l’est de Jelandy, après un pont juste assez large pour laisser passer un 4×4. Des hébergements chez l’habitant sont indiqués à Vezdara, Sindev, Shohirizm et Javshanguz. Il y en a également à Bodomdara, qu’on rejoint par une route éprouvante de 14 km partant de la route principale à Bidiz (sur l’itinéraire de trek de Darshai).

021 - Wakhan Valley

Vallée du Wakhan

Le Wakhan est un spectacle infini de vues toutes plus époustouflantes les unes que les autres. Des villages d’un vert extraordinaireoffrent un plaisant contrepoint aux falaises vertigineuses de la vallée, qui laissent entrevoir régulièrement les sommets de l’Hindu Kuch (“tueur des Hindous”) éblouissants de blancheur. Ce sont eux qui marquent la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan. Quelques châteaux en ruines, des sanctuaires aux murs décorés de cornes de bouquetins, et même une mini-ziggourat bouddhique(stupa) ajoutent à l’attrait du voyage. Vous serez peut-être aussi tenté de passer en Afghanistan. Attention, les transports font tellement défaut qu’il est plus sage de louer un 4×4 à Khorog ou à Mourgab.

022 - Ishkashim

Ichkachim

Ichkachim est le centre régional et le plus grand village du Wakhan. Il ne présente pas grand intérêt, excepté son marché transfrontalier (à ne pas manquer le samedi matin) où officient de nombreux commerçants afghans en turban et pakol (bonnet plat en laine). L’animation bat son plein sous trois halles au toit de tôle, au milieu d’un no-man’s land à 3 km à l’ouest du village (on doit montrer son passeport). Ichkachim est aussi le principal poste-frontière (Km 102, route Ichkachim-Khorog ; hlun-sam) utilisé par une majorité de visiteurs pour rejoindre le Wakhan afghan, bien qu’il existe d’autrespassages comme Langar et Chaimak. S’ilssont ouverts, ces derniers sont plus pratiques pour rallier le Petit Pamir. Juste à l’ouest du centre d’Ichkachimet bien signalisée, la Hanis Guesthouse offre le luxe de toilettes à l’occidentale et de douches chaudes. Vaste et dépouillée, elle rappelle un pensionnat, sans que cela nuise à sa popularité. Les voyageurs échangent leurs tuyaux sur leurs expéditions au Pamir et en Afghanistan et sont bien conseillés par despropriétaires serviables (Vali parle anglais).Un pâté de maisons à l’est, puis vers le sud, le nouvel Hotel Rumi surgit au milieu d’abricotiers, plus élégant, mais fermé lors de notre visite.

023 - Namadgut - Khaakha Fortress

Namadgout

À Namadgout, à quelque 15 km à l’est d’Ichkachim, un tertre boueux, en forme de motte, s’élève au bord de la route, couronné de plusieurs tronçons de murs en boue séchée qui constituaient la forteresse Khaakha F. Les sections les plus anciennes datent de la période kouchane (IIIe siècle av. J.-C.), mais le site fut réutilisé par les nombreuses civilisations ultérieures et, jusqu’à récemment, servait de poste d’observation à l’armée tadjike – la rivière marquant la frontière coule juste en contrebas. Arrêtez-vous pour une exploration de 15 minutes, facilitée par des sentiers gravillonnés et des marches. Parmi les arbres face à la butte du fort oriental, vous découvrirez un mazar (“tombeau”) ismaélien, l’un des nombreux lieux d’Asie centrale où l’on prétend qu’Ali, le gendre du Prophète, aurait trouvé le repos. À côté, un très modeste musée permet surtout de revêtir le chakman pamiri (tunique traditionnelle en laine) tandis que le directeur, Odinmammad Mirzayev, joue des instruments de musique anciens, allume du feu avec des silex ou montre son impressionnant arbre généalogique.

024 - Darshai

Darshaï

À Darshaï, une rivière tempétueuse jaillit d’un étroit canyon, puis dégringole sous la route à côté de l’enceinte d’un mazor (sanctuaire) qui renferme des pétroglyphes. Mais le plus intéressant est le trek jusqu’à la gorge de Darshaï, qui part près du pont. Il contourne un tertre couronné des ruines d’une petite forteresse, puis suit un sentier qui grimpe jusqu’à la rive est de la rivière. En moins de deux heures, vous arriverez assez facilement à ce qui fait sa curiosité, un owring, c’est-à-dire un petit tronçon où le sentier devient si étroitement dangereux qu’on a dû l’élargir avec des branches et des pierres “cousues” sur la paroi rocheuse avec des câbles métalliques. Un guide est toutefois indispensable si vous voulez séjourner au camp de yourtes beaucoup plus haut dans la vallée (5-8 heures de marche), utilisé par des groupes de chasseurs en hiver, mais ouvert aux randonneurs en été. De là, une randonnée éprouvante d’une journée rejoint le pic Maïakovski (6 095 m) et traverse un col enneigé à 4 941 m avant d’atteindre dans la vallée de Chokh Dara l’hébergement de Bodomdara, signalé.

025 - Yamchun Fort

Yamtchoun

Deux des plus beaux sites du Wahkan tadjik se trouvent très haut dans les montagnes, accessibles par une route en zigzags de 6 km qui s’élance de Tuggoz (3 km à l’est après le centre du village de Ptup, répérez les panneaux pour Tchashmaï). Parmi les nombreuses citadelles en ruines de la vallée, le fort Yamtchoun (ou fort Zulkhomar), du XIIe siècle, est le plus impressionnant, ayant conservé intact ses murs de fortifications surmontés de tours de guet rondes. Le site est à 6 km en revenant sur ses pas depuis la route principale, à 500 m de hauteur. Escaladez la colline à l’ouest du fort pour profiter des meilleurs points de vue.

026 - Vrang Stupa

Vrang

Sur le flanc d’une montagne comme blanchie par le sel, juste derrière Vrang, se dresse un monument de 5 étages, que certains disent être un ancien stupa bouddhique, bien qu’il évoque plus une ziggourat (pyramide àdegrés) miniature. De la boutique peinte en vert Vakhon, vaste mais peu approvisionnée, marchez 200 m vers le nord, puis suivez le cours d’eau qui longe un joli jardin. Le stupa est juste au-dessus, mais le sentier décrit une boucle de 15 minutes. Il est beaucoup plus ardu d’atteindre les dizaines de grottes pour ermites creusées dans la face effritée de la falaise, qui s’élève face au stupa de l’autre côté du ravin.

027 - Zong

Zong

Les vestiges de la citadelle afghane de Qala-e Panja, jadis l’un des plus importants villages du Wakhan, sont visibles de l’autre côté de la rivière près de Zugband, 10 km avant Langar. À Zong, 5 km plus à l’est, l’Abrashim (Vishim) Qala, la “forteresse de la Soie”, fut érigée pour protéger cette partie de la route de la Soie des envahisseurs chinois et afghans. Le fort offre probablement le panorama le plus sensationnel de toute la vallée.

028 - Langar

Langar

Langar, où les rivières Pamir et Wakhan se rejoignent pour former la Pyanj, est dominé par un formidable enchevêtrement de pics hérissés. Cet agréable village qui s’égrène dans la verdure sur plusieurs kilomètres est une excellente base pour explorer les sites alentour. À côté du petit pont principal, la jamoat khana (maison de prière) est facilement reconnaissable grâce aux cadres colorés de ses fenêtres. De l’autre côté de la route, le mazar de Choh Kambari Oftab, un jardinsanctuaire, est rempli de cornes de bélier et de vieux arbres tourmentés. À une vingtaine de minutes d’escalade depuis l’arrière de l’école, plus de 6 000 pétroglyphes sont gravés sur le flanc abrupt des rochers. De la jamoat khana, marchez 400 m vers l’ouest, puis 150 m vers le nord pour trouver l’école. Pour atteindre l’ensemble de pétroglyphes le plus accessible, remontez le long des lignes électriques depuis l’école, traversez le cimetière à l’est et grimpez la pente située à son extrémité. Parmi les pétroglyphes, il est difficile de distinguer les béliers d’origine des nombreux graffitis du XXe siècle. Leur recherche est plutôt prétexte à admirer de fabuleux paysages de montagne. Si vous trouvez le sentier, il est possible de continuer de grimper (environ 4 heures) jusqu’aux prairies de l’Engels, joli site pour camper face à ce formidable pic. De Langar, la route grimpe en lacets pendant 5 km jusqu’au charmant Ratm, dernier village du Wakhan tadjik. Perché au-dessus de la gorge du torrent et entouré de trois côtés par des falaises, les ruines du château occupe une position stratégique, dont on pense qu’elle est fortifiée depuis au moins 2 300 ans. Du panneau au bord de la route, il faut marcher 20 minutes à travers champs et ruisseaux, une jolie balade quoique compliquée.

029 - Pamir Mountains

Route du Pamir

La route du Pamir (M41), de Khorog à Och, est une route de haute altitude dont le tronçon central traverse un paysage typique rappelant un plateau tibétain, parfois peuplé de yourtes et de yaks. Elle fut construite par les ingénieurs de l’armée soviétique entre 1931 et 1934 pour faciliter le transport et l’approvisionnement des troupes. Des bornes kilométriques bleues jalonnent la route, qui indiquent d’un côté la distance depuis Douchanbé et de l’autre celle jusqu’à la frontière kirghize. Le centre de Khorog est au Km 641. À Mourgab, Km 930, le système s’inverse indiquant les distances de Khorog à Och.

030 - Bulunkul

Boulounkoul et Yashil –Koul

Une route raboteuse franchit le col de Koi- Tezek (4 272 m), après lequel la montagne laisse place à un désert d’altitude, où les sommets enneigés qui encadrent un paysage lunaire n’ont rien de spécialement remarquable. Environ 40 km plus loin, la route amorce une descente très forte qui s’ouvre sur d’immenses étendues dénudées et deux grands lacs salés. En descendant, repérez le panneau annonçant l’embranchement pour Boulounkoul, un village totalement isolé, à 14 km (le panneau dit 16). Réputé être l’endroit le plus froid du Tadjikistan, il est accueillant mais sans cachet avec ses trois rangées de maisons basses serrées autour d’une place poussiéreuse balayée par le vent. Un joli ruisseau, toutefois pas vraiment propre, serpente à l’arrière s’écoulant vers le lac Bouloun-Koul (3 737 m), scintillant comme un miroir. Dans la lumière du matin, le lac reflète côté est (4,5 km en voiture du village) les veines minérales multicolores d’une crête peu élevée qui forme à un endroit comme un gigantesque papillon stylisé. Le Yashil-Koul (“lac vert”, 3 734 m), est bien plus grand mais moins photogénique. Ses eaux, en fait d’un bleu étincelant, sont encadrées par les pentes d’un désert ocre. Du village de Boulounkoul, on le découvre après 4 km d’ascension dans la colline, à pied ou en voiture. Côté sud, les randonneurs armés de patience trouveront des sources (tièdes) et des cercles de pierre à l’embouchure de la rivière Bolshoï Marjonaï, à condition d’avoir le permis pour le parc national tadjik, délivré à Khorog ou à Mourgab.

031 - Murgab Valley

Mourgab

Située dans l’Est sauvage, Mourgab s’impose comme base à tout voyageur arrivé ici sans son propre véhicule dans l’intention d’explorer le Pamir oriental. Ses maisons cubiques sous le fouillis des lignes électriques ne jouent pas en sa faveur mais, à l’arrière-plan, des crêtes arides attirent le regard tout comme la masse toujours blanche du Mustagh Ata (7 546 m) qui, les jours exceptionnellement clairs, flotte sur la ligne d’horizon à l’est tel un étrange nuage. En contrebas de la route, une rivière qui coule en méandres créé la seule illusion de verdure dans le paysage. La population de Mourgab est essentiellement tadjike et pamiri, alors que les environs sont habités par des communautés presque exclusivement kirghizes. Le plan de la ville est confus, même s’il n’y a que deux routes goudronnées dans le sens sud–nord-est. La route haute (Somoni) est en fait la route du Pamir qui tourne devant le Pamir Hotel. La route basse prend le nom de Lenin quand elle s’écarte de la Somoni à 700 m au sud de l’hôtel. Elle passe devant l’office du tourisme (tout près de l’hôtel dans la rue Aïni en partie piétonne), le bazar, les stations d’essence et tout près de la META,avant de virer vers le quartier périphérique de 40-Let Pobeda. Les adresses mentionnent généralement un quartier et non une rue.

032 - Pshart Valley

Vallée de Pshart et vallée de Madiyan

Deux pittoresques vallées s’étirent en direction de l’ouest à chaque extrémité de Mourgab. Pshart, la plus au nord, est au départ desséchée mais colorée de veines minérales. En revanche, les parois escarpées de la vallée de Madiyan contrastent de manière éclatante sur le vert luxuriant des pâturages en bord de rivière où poussent même de petits arbres – le hameau d’Ak-Tal (Km 32) est particulièrement ravissant quand le soleil décline et que sa petite mosquée blanchie à la chaux se détache sur les falaises. D’Ak-Tal, une piste pour 4×4 très cahoteuse traverse la rivière et grimpe en lacets pendant 9 km, avant de redescendre sur 700 m pour arriver à des sources chaudes incroyablement isolées. Vous les aurez certainement pour vous tout seul, si vous osez traverser la rivière pour les rejoindre. Vous devrez avancer avec précaution sur un “pont”, court, mais où nombre de lattes manquent entre les deux rails de fer. Il est possible d’entreprendre une longue et éprouvante randonnée d’une journée menant de la vallée de Pshart à celle de Madiyan. Elle commence par la vallée secondaire de Gumbezkul, d’un centre d’élevage de chevaux et camp d’hébergement en yourtes à l’intersection de la vallée de Pshart. Après de rudes montées et des vues époustouflantes depuis le col de Gumbezkul (4 731 m), vous passerez par un autre camp de yourtes situé à 7 km avant d’émerger sur la route de la vallée de Madiyan, aux environs du Km 18.

033 - Rangkul

Rang-Koul

Ceux qui apprécient les paysages austères – montagnes désertiques, lacs salés et dunes gigantesques –devraient explorer la région du Rang-Koul. Le village de Rang-Koul dispose de gîtes et JolKerbez organise des treks à chameau entre les camps de yourtes, pré-réservation indispensable), mais ne sous estimez pas l’inconfort d’un voyage à dos de chameau.

034 - Shakhty Cave

Shakhty et Zor –Koul

Les impressionnantes peintures rupestres de Shakhty (4 200 m) sont situées à 50 km au sud-ouest de Mourgab, à 25 km de la route du Pamir, dans la spectaculaire vallée de Kurteskei. En 1958, des archéologues soviétiques se sont abrités d’un orage dans une grotte, et ont été stupéfaits à la vue de ces scènes de chasse à l’ours, parfaitement conservées. Remarquez l’étrange oiselier à gauche. Ne vous approchez pas trop pour éviter de les endommager. Le bord de la colline est abrupt avant d’arriver à la grotte, et il vous faudra aussi un chauffeur compétent. Les agences de voyage proposent une excursion de deux jours à Shakhty, passant devant l’observatoire de Shor-Bulak (actuellement fermé aux étrangers) et poursuivant vers le sud par deux petits cols jusqu’à un lac saisonnier peuplé d’oiseaux. Dans la vallée de l’Istyk (nom de la rivière) se trouve la région reculée de Jarty-Gumbaz, où est installé un camp de chasse/pension relativement luxueux. Un hébergement sommaire en camp de yourtes est également proposé à Kara-Jilga, 30 km plus loin au sud-ouest. Le paysage, caractéristique du Wakhan, offre une vue splendide sur des lacs turquoise (Kazan-Koul et Djigit-Koul) et les sommets enneigés de la chaîne du Wakhan qui borde l’Afghanistan. Poursuivez vers l’ouest, jusqu’au bout des lacs, pour jouir d’un panorama unique sur le Zor-Koul (4 125 m). Il est difficile de rejoindre Khargush et la vallée du Wakhan avant mi-juillet car les pistes sont embourbées. Pour pouvoir franchir les postes decontrôle sur la route, il est indispensable d’obtenir un permis pour Zor-Koul.

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Données sur la destination et des informations pratiques

035 - History Bungikata

Histoire

L’origine des Tadjiks reste floue, mais remonterait aux Bactriens et aux Sogdiens. Les tombes du Pamir oriental ont révélé que les Saces (des Scythes) étaient présents ici depuis le Ve siècle av. J.-C., à une époque où le climat était beaucoup plus chaud.  Au Ier siècle av. J.-C., le vaste Empire bactrien couvrait l’actuel nord de l’Afghanistan, tandis que les Sogdiens habitaient la vallée du Zeravchan, aujourd’hui à l’ouest du Tadjikistan (quelques traces de cette civilisation subsistent près de Pendjikent). Alexandre le Grand, après avoir remporté une victoire décisive sur Darius III en Mésopotamie, entreprit de compléter sa conquête et poursuivit, en 329 av. J.-C., sa route via Cyropolis (Istaravchan) et Marakanda (Samarcande) jusqu’au Syr-Daria, qu’il traversa afin d’écraser la résistance scythe. Il fonda là sa neuvième ville, Alexandria-  Eskhate où se dresse aujourd’hui Khodjent. Chassés de la vallée par les Arabes, qui entreprirent de conquérir l’Asie centrale au VIIe siècle, les Sogdiens livrèrent une dernière bataille contre les envahisseurs au mont Mug, dans les montagnes du Zeravchan, qui se solda par la décapitation de leur chef, Devastich. Le Tadjikistan fait remonter ses origines à la période glorieuse de la dynastie perse des Samanides (819-992), marquée par une effervescence dans la création, surtout durant le règne d’Ismaïl Samani (849-907) – translittéré en tadjik moderne en Ismoili Somoni. Boukhara, leur capitale aujourd’hui en Ouzbékistan, devint l’un des centres culturels du monde islamique et produisit de grands talents tels que le philosophe et scientifique Ibn Sina (Avicenne, en Occident) ou le poète Rudaki (859-943), dont l’Iran, l’Afghanistan et le Tadjikistan se disputent aujourd’hui la paternité.

036 - People

Population

Les Tadjiks constituent seulement environ 65% de la population. En fait, il y a plus de Tadjiks aujourd’hui en Afghanistan qu’au Tadjikistan, où 25% des habitants sont d’ethnie ouzbèke. Ce n’est qu’au siècle dernier que le terme “tadjik” commença à désigner une nationalité distincte. Si on peut reconnaître un Tadjik à sa calotte, légèrement plus haute que celle d’un Ouzbek (noireavec des arabesques blanches), ils se distinguent avant tout par la prédominance de leurs racines persanes et par leur langue. Les Tadjiks de pure souche ont généralement un visage aux traits fins, avec de grands yeux et un nez romain, qui rappelle le type sudeuropéen. Dans le Badakhchan, les Pamiri parlent des langues de la même famille que le tadjik, néanmoins distinctes, et ils sont adeptes de l’islam ismaélite, alors que les Tadjiks sont majoritairement sunnites. Dans la région de Mourgab, à l’est d’Alichour, les Kirghiz sont très nombreux. La natalité au Tadjikistan est toujours très élevée et plus de 40% de la population a moins de 14 ans.

037 - Arts

Arts

Séparé de l’Ouzbékistan en 1929, le nouvel État-nation tadjik dut abandonner tout son héritage culturel. Les Soviétiques entreprirent d’introduire le théâtre, l’opéra et le ballet et permirent aux Tadjiks passionnés par ces arts de les étudier à Moscou ou à Leningrad. Cette politique donna rapidement des fruits, et les années 1940 furent un véritable âge d’or pour le théâtre national. Quelques romanciers et poètes tadjiks, tels que Mirzo Toursoun-Zade, Loik Sherali et Sadriddine Aïni, acquirent une certaine célébrité au sein du monde soviétique. Aïni a néanmoins fait beaucoup de tort à la culture tadjike en supprimant toutes les expressions arabes et les références à l’islam dans la langue nationale. Depuis l’indépendance, les autorités ont remis à l’honneur les personnages de son histoire persane afin de renforcer le sentiment d’identité nationale. Le plus célèbre de ces héros est Ismaïl Samani (Ismoili Somoni). Vient ensuite le philosophe et scientifique du Xe siècle Ibn Sina (Avicenne ; 980-1037), auteur de deux des plus importants ouvrages de toute l’histoire de la médecine. Il est né à Boukhara, alors capitale des Samanides perses, cité chantée par le célèbre poète de cour Rudaki (888-941), père de la poésie persane. Les Tadjiks vénèrent également Ferdowsi (vers 940-1020), poète et compositeur de l’épopée persane Chah-namè (Livre des rois), et Omar Khayyam (1048-1123), rendu célèbre par ses magnifiques Rubayyat (Quatrains), tous deux nés sur le territoire de l’Iran actuel, mais à une époque où il faisait partie d’un empire englobant le Tadjikistan. Kamal ad-Din Behzad (1455-1535), un brillant miniaturiste d’Herat, est tout aussi apprécié.

038 - Food

Cuisine tadjike

Au déjeuner, le kurtob est un plat très populaire, composé de plusieurs couches de fatir (pain traditionnel), d’oignons, de tomates, de persil et de coriandre nappées d’une sauce au yaourt. Le chakka (yakka pour les Tadjiks des environs de Samarcande et de Boukhara) est du lait caillé agrémenté d’herbes, qui se marie à merveille avec le pain plat. D’autres spécialités sont moins courantes comme le nahud sambusa (samossas aux pois chiches), le nahud shavla (bouillie de pois chiches) ou l’oshi siyo halav, un bouillon aux herbes. Le tuhum barak est un plat de savoureux raviolis farcis à l’oeuf et nappés d’huile de sésame. Dans le Badakhchan, vous pouvez essayer le borj, une bouillie épaisse de viande et de céréales. Le shir chai est un bouillon salé de thé au lait de chèvre et au beurre, à mi-chemin entre le thé au lait et le thé tibétain au beurre, et apprécié au petit-déjeuner dans le Pamir, avec du gâteau de riz (shir gurch en kirghiz ; shir brench en tadjik). Les villes d’Hissar et de Douchanbé possèdent une brasserie, même si les bières russes importées, comme la Baltika, restent populaires. En dehors des grandes villes, il est difficile de trouver des bouteilles d’eau minérale plate.

039 - Tajik Language

Langue

La langue officielle du Tadjikistan est le tadjik, qui est la langue maternelle de 84 % de la population et qui est parlée par 92 % des habitants du pays.

Le russe est une langue importante de communication interethnique et de commerce, et bien qu’elle ne soit plus la langue maternelle que de 0,5 % de la population du pays elle est la langue seconde de 26 % des gens.

L’ouzbek est quant à lui la langue maternelle de 12 % de la population du pays.

TAJIKISTAN-CULTURE-RELIGION-POLITICS

Habits

Les robes nationales tadjiks – sont des vêtements uniques pour les filles et les femmes au Tadjikistan ayant une longue histoire. Les couturières sont principalement les Tadjiks, les Ouzbeks, les Afghans et des autres pays vivant en Asie centrale et les peuples du monde ont une relation avec ces personnes.

Chakan. La plus classique robe des filles tadjike “Chakan” qui a de beaux motifs et on peut l’appeler Popuri, aussi. Parfois la danseuse s’habille  Chakan pour participer aux événements culturels spéciaux. Les machines modernes peuvent coudrer ces robes rapidement, mais elles s’appellent Popuri (Chakan moderne).

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Visas pour le Tadjikistan

Si la lettre d’invitation reste une exigence officielle lors d’une demande de visa, les ambassades tadjikes délivrent généralement un visa touristique valable 30 jours (parfois 45 jours) sans la demander. Ces ambassades étant rares, il vous faudra peutêtre envoyer votre passeport (et le règlement, éventuellement en monnaie étrangère) à l’ambassade d’un pays voisin et vous le faire retourner par la poste. N’attendez pas la dernière minute. Il est facile d’obtenir un visa tadjik à Bichkek au Kirghizstan, accompagné d’un permis GBAO (75 $US), délivré le même jour si le consul est en ville. À Tachkent, en Ouzbékistan, ce visa coûte moins cher (37/55 $US ; délai d’une semaine/1 jour) mais on ne peut pas obtenir de permis GBAO. La demande en est également aisée à Vienne, Berlin, Ankara et Delhi, mais l’est beaucoup moins à Moscou et Téhéran. La standardisation du prix du visa touristique à 25 $US ou son équivalent en monnaie locale dans toutes les ambassades tadjikes est en cours, ce qui a déjà réduit son prix à Londres et à Washington bien que ces ambassades exigent toujours le prix fort pour le permis GBAO . Nous vous conseillons de faire une demande de visa avant d’arriver au Tadjikistan, bien qu’une réglementation permette aux touristes de 80 pays (dont ceux de l’Union européenne) d’obtenir un visa de 30 jours à entrée unique à l’arrivée à l’aéroport de Douchanbé (pas dans les autres aéroports ni aux postes-frontières terrestres). Vous devrez présenter une photo, une copie de votre passeport et cette fameuse lettre d’invitation qui vient gâcher tout l’attrait du dispositif. Les permis GBAO ne sont pas délivrés à l’aéroport et, parfois, le système connaît des pannes comme en avril 2012 où, pendant une semaine environ, les visiteurs sont restés coincés sans visa.

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Carte du Tajikistan